L’enseignement

La peinture

L’apprentissage des trois genres de peinture : Paysage "Shanshui", Fleurs et oiseaux "Huaniao" et Personnages "Renwu", commence par la maîtrise du trait dans un style que l’on dit minutieux "gong bi".

Le dessin est acquis lorsqu’on passe à une peinture plus encrée et écrite "xie yi".

Pour la peinture de paysage, les bases sont à poser dans l’étude des arbres et des rochers .

Quand on comprend l’arbre et qu’on comprend le rocher, on peut peindre un paysage.

L’apprentissage passe par des exercices de calligraphie et de traits plus spécifiques aux sujets. Puis, des exercices progressifs pour les arbres et les rochers. Puis l’étude de la composition : Comprendre comment circulent et fonctionnent les grandes lignes du paysage, le yin et le yang, "les trois lointains" de la tradition chinoise, étudier les espaces des peintures chinoises de grands maîtres.

L’art demande une transposition dans un langage choisi et qui lui est propre : Du règne animal, végétal, minéral, (les élémentaux), au "règne" de la peinture (point / ligne / plan, trait / encre / espace etc...) Comprendre ce langage fait partie de l’étude de l’apprenti peintre. Et puis, laisser émerger un paysage d’une vision intérieure ou bien peindre sur le vif en exterieur... Rencontrer la question du paysage et du peintre... On cherche, non pas à décrire (la forme extérieure ), mais à écrire le paysage, à travers un choix d’espace et de tracé dynamique. "Mouvements de la vie et résonnace rythmique", est la phrase clé de la peinture traditionnelle "Shanshui"

Qu’est-ce qu’on fait quand on peint ? Où est-ce qu’on se situe ? Dans quel ordre d’intention ? Dans quel état d’esprit ? Observer, écouter ce qui se trame entre l’extérieur et l’intérieur...

Ce que nous dit l’arbre, ce que l’on a envie de dire à travers l’arbre, comment il résonne ou prend sa source d’abord en nous. Tous les artistes savent cela... plus ou moins, mais les peintres et calligraphes chinois l’ont formulé depuis très longtemps, dans une relation privilégiée avec leurs paysages, en lien avec les autres arts, martiaux, énergétiques, reliés à la pensée chinoise, à la compréhension de l’homme entre terre et ciel. La peinture de paysage, en Chine, touche plus au paysage intérieur, paysage de l’âme, à la poésie. Du célèbre peintre Wangwei des Tang, Sushi disait que dans un poème de Wangwei se trouvait une peinture, et dans une peinture de Wangwei, un poème. Traditionnellement, il est très fréquent de trouver un poème ou une annotation sur un côté de la peinture (les collophons)... Peinture, Calligraphie et Poésie se conjugant en une oeuvre complète.