La vie en chine

de 1992 à 1998

Avec ma licence de chinois, j’obtiens une bourse d’études d’un an, que je renouvelle une deuxième année, pour étudier à Hangzhou, dans la célèbre académie des Beaux-arts de Chine, réputée pour la calligraphie et la peinture traditionnelles et sa lignée de grands maîtres.

J’étais partie dans l’idée d’étudier la peinture de paysage, mais les chinois m’invitent à commencer par la calligraphie. Celle-ci m’absorbe littéralement. Après deux ans dans la classe pour étrangers, je sens le besoin d’approfondir... J’obtiens alors une bourse du ministère de l’éducation chinois, pour quatre ans de cycle dans une classe chinoise, spécialité calligraphie. Rythme soutenu, grande exigence, cours et examens en chinois, avec, au bout des quatre ans, un diplôme, avec mémoire de diplôme et exposition collective.

J’ai aimé la vie en chine de 1992 à 1998, qui n’était pas la Chine d’aujourd’hui. L’école des Beaux-arts en face du lac de l’Ouest, Xihu, et du parc Liulangwenying (écouter les loriots dans les saules ondoyants), les plantations de thé, pratiquer le taijiquan tous les matins entre 5 et 7, dans le parc, sous les grands arbres, puis prendre un petit déjeûner dans la rue avant d’aller en cours. Les discussions passionnées sur l’Art... Le vélo comme véhicule, les randonnées dans les collines.... Mais aussi les conditions de vie difficiles, humidité, manque d’intimité, d’hygiène, froid, chaud éxagéré, des relations humaines si différentes, pas faciles... des études denses, laborieuses...

De nombreux voyages en Chine m’ont amené à rencontrer les chinois dans leurs différences régionales, sociales, à explorer le patrimoine, à dessiner dans les montagnes et dormir dans les temples et les petites auberges.

Vivre tout autre chose que notre monde occidental, changer de point de vue pendant suffisament longtemps pour lâcher et adopter, ou se laisser apprivoiser....Par une culture, et d’abord une langue qui aborde l’humain autrement... ça tortille la pensée et remet en question le corps, l’esprit, la place de l’humain dans le monde... Et puis , il y a eu aussi deux voyages au Tibet : Marcher de temples en temples... Rencontre de coeur avec ce peuple authentique et ces hauts plateaux, qui m’a fait douter de mon histoire avec la Chine... Mais ma route était avec le génie du pinceau chinois...